Ce qu’il faut savoir sur Scotland Yard

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Scotland yard, un nom mythique qui évoque les bas-fonds londoniens. Le Metropolitan Police Service est la force territoriale qui couvre le Grand Londres à l’exception de la Cité de Londres. Fondée au 19ème siècle, cette institution a été face à de grandes affaires criminelles et ses agents ont su mettre derrière les barreaux de nombreux meurtriers. Célèbre dans le monde entier Scotland Yard, le siège de la police londonienne tient son nom de la rue où il se trouvait à l’origine, en 1829. Un nom issu des liens entre les rois anglais et écossais Ce petit bout d’Ecosse, traduit par Scotland Yard est resté aux mains des Ecossais durant deux siècles, avant d’être restitué aux Anglais. Le lieu a toutefois continué d’abriter des bâtiments destinés aux diplomates d’Edimbourg jusqu’à ce que la police de Londres s’y installe. Le QG a ensuite déménagé deux fois (la troisième est prévue en 2016) mais a conservé son surnom.

Son historique

L’histoire de la fondation du métropolitain Police Service ou MET prend racine dans l’histoire de la police en Grande Bretagne. L’un des 1ers systèmes adoptés pour faire respecter la loi sur l’île fut importé par les saxons. Au Moyen-Age ce sont les paroisses qui fournissent les agents de police, élus pour une année. Les grands mouvements sociaux qui s’amorcent au 18ème siècle amènent une grande évolution du système de police, désormais inefficace dans les villes devenues trop grandes. C’est en 1829 que la Métropolitaine Police Force est créée sous l’autorité de Sir Robert Peel. Cette institution couvre tout le secteur du Grand Londres, mais pas la Cité de Londres qui bénéficie de sa propre force de police encore à ce jour. La 1ère résidence de la MET est au 4 Whitehall Place, où l’un des premiers commissariats est installé. Là, Sir Richard Mayne et le Colonel Charles Rowan ont pour mission d’inventer et de mettre en place tout un système de surveillance pour la ville. C’est de cette maison que vient le nom de Scotland Yard, plusieurs légendes urbaines affirmant soit que la maison ait appartenu aux Rois D’Écosse et à leurs ambassadeurs, soit que la terre sur laquelle est bâtie la maison ait été la propriété d’un certain Scott durant le moyen-âge. Depuis son premier déménagement, en 1890, dans les Norman Shaw Buildings sur Victoria Embankment, à 500 mètres plus au sud, il porte le nom de « New Scotland Yard ». En 1967, ses quartiers généraux ont été installés sur la Victoria Street (en), soit à 1 km au sud-ouest de ses locaux d’origine, dans un bâtiment de vingt-deux étages, 151 m de long et faisant 56 000 m2, néanmoins ils portent toujours le nom de New Scotland Yard . Mais dans le langage courant, on continue à dire le plus souvent « Scotland Yard ». Ce bâtiment mis en vente depuis le 2 septembre 2014 pour 250 millions de livres sterling, a été acquis par un fonds d’investissement de l’émirat d’Abou Dhabi pour 370 millions de livres en décembre de la même année. L’immeuble doit devenir un complexe résidentiel et hôtelier. En 1986, le journaliste d’investigation Andrew Jennings réalise un documentaire sur la corruption au sein de cette institution. Ce documentaire est refusé par la BBC mais diffusé par World in Action. Le journaliste publie également un livre sur le sujet intitulé Scotland Yard’s Cocaine Connection. En 2016, le siège de la police est transféré dans le Curtis Green, un bâtiment plus modeste situé sur le Victoria Embankment, au bord de la Tamise.

Le 2nd Scotland Yard sur Victoria Embankment

En 1829, Richard Mayne déclare que l’objet premier d’une police efficace est la prévention du crime: le suivant est la détection et la punition des contrevenants si le crime est commis. Voilà qui pose les bases de la MET. La tâche est immense, Londres est une ville sans loi qui grandit à une vitesse folle. Les réticences publiques se font sentir à la création de la MET, certains craignant pour leurs droits civiques et d’expression. Dans les rangs même de la MET, l’ordre est difficile à faire respecter. Il faudra quelques décennies pour installer l’autorité de la MET. Aujourd’hui leur principale mission est décrite ainsi: Travailler ensemble pour un Londres plus sûr. Le développement de l’institution pousse les agents à déménager en 1890 sur Victoria Embankment, c’est le Nouveau Scotland Yard. Les quartiers généraux de la MET seront à nouveaux déplacés en 1967 dans un bâtiment de Norman Shaw sur Broadway street. La structure accueille aujourd’hui  environ 23 départements, du service de police locale à celui de lutte anti-terroriste en passant par la police territoriale, la surveillance des armes à feu, les transports, la brigade des stupéfiants…

Quelques cas célèbres

La MET a traité depuis 1829 toute sorte d’affaires criminelles, dont certaines sont encore aujourd’hui de véritables légendes urbaines. Jack l’éventreur fait partie du lot bien sûr, mais l’affaire des jeunes mariées retrouvées dans leurs bains (Brides in Baths) est une histoire devenue célèbre tant l’assassin a pu à son aise changer d’identité, se remarier et répéter ses crimes sans l’ombre d’une inquiétude: Le 13 juillet 1912, Bessie Williams est retrouvée morte dans son bain, sur High Street à Herne Bay. 5 jours auparavant elle a signé un testament en faveur de son mari, Henry Williams, pour un montant d’environ 2600 livres. Le mari est entendu par les enquêteurs, mais le médecin légiste conclut à une crise d’épilepsie et le jury rend un verdict de mort par mésaventure. Le 12 décembre 1913, Alice Smith est retrouvée morte dans son bain à Blackpool. Elle aussi avait signé la semaine d’avant une police d’assurance vie de 500 livres en faveur de son mari, Georges Joseph Smith. Son beau-père n’était pas très confiant, il trouvait que son gendre avait une très mauvaise apparence. Alice et lui habitait chez les Crossley lorsqu’elle mourut, et Joseph Crossley précisa que le corps de sa protégée avait été retrouvé dans le mauvais sens d’utilisation de la baignoire et que d’après son opinion personne ne pouvait se noyer ainsi dans une baignoire, malgré les conclusions du médecin (crise cardiaque) et le verdict du jury, mort accidentelle.

Scotland Yard dans l’univers du polar

Dans l’univers du polar, Scotland Yard est souvent utilisé mais à différentes fins. Sherlock Holmes par exemple prend un malin plaisir à défier les inspecteurs de la MET. Pour cela il lui suffit de ne pas leur communiquer les conclusions auxquelles il arrive avant eux. Les enquêtes sur lesquelles travaille Holmes l’obligent à collaborer avec Scotland Yard mais ses rapports avec l’institution sont complexes et son dédain pour les fonctionnaires manifeste. De son côté Hercule Poirot peut travailler aux côtés des agents de Scotland Yard, il le fait par exemple avec l’inspecteur Japp à plusieurs reprises. Mais leurs méthodes sont radicalement différentes et Poirot affirme haut et fort que la sienne est meilleure et qu’il ne pourrait jamais travailler pour l’institution.

Scotland Yard aujourd’hui

Ces 2 exemples renvoient une image mitigée de la MET, les détectives indépendants ayant toujours le dernier mot et toute l’approbation du lecteur. Scotland Yard a été très critiqué dans la littérature policière à sa création, on lui attribuait une certaine lenteur à réagir. Depuis de nombreux contre exemples ont été mis en lumière, il y a même aujourd’hui une série télévisée policière qui porte son nom et relate des cas possiblement traités par la MET.